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Le prisonnier de Strasbourg

Villemer - Musique de FĂ©licien Vargues

Vers 1880



Minuit vient de sonner à Strasbourg qui sommeille
Sur la place où l'on voit le bronze de Kleber
Seul un soldat prussien monte la garde et veille
Aux pieds du grand vainqueur au regard mâle et fier
Le soldat croit rêver lorsque dans la nuit sombre
De la statue il voit les yeux scintiller
Et qu'il entend soudain frémissante dans l'ombre
La voix du général qui semble murmurer

Refrain
Je ne vois plus passer la patrouille française
J'écoute en vain l'appel de nos clairons vainqueurs
Je n'entends plus chanter la vieille Marseillaise
Je ne vois plus dans l'air flotter nos trois couleurs

En entendant la voix, le traître d'Allemagne
Dit "Kleber, endors-toi, nous sommes vainqueurs
Partout sue les clochers, au loin dans la campagne
Nous avons pour jamais banni les trois couleurs
Ils ne sont plus, les jours où la valeur française
Nous chassait en chantant, la baïonnette au dos
Tes fils on désappris la vieille marseillaise
Dans les murs de Berlin sommeillent vos drapeaux

Refrain
Tu ne reverras plus la patrouille française
Nos Uhlans ont proscrit les régiments français
Strasbourg n'entendra plus la vieille Marseillaise
Et partout l'aigle noir remplace les trois couleurs

Non, non, ce n'est pas vrai, dit Kleber, quel outrage !
Quoi, les soldats français ne sont plus à Strasbourg ?
Prussien, tu dois mentir, je connais leur courage
Si tu les as vaincus, j'attendrai leur retour.
Le soldat répondit : Ton espérance est vaine
Pas plus qu'à Metz qu'ici, tu ne saurais les revoir
- Quoi, Metz aussi ? - Mais oui, la maréchal Bazaine
Pour quelques tonneaux d'or nous les vendit un soir.

Refrain
Tu ne reverras plus la patrouille française
Nos Uhlans ont proscrit les régiments français
Strasbourg n'entendra plus la vieille Marseillaise
Et partout l'aigle noir remplace les trois couleurs

Comme il parlait ainsi, soudain gronde l'orage
Sa foudre tombe au loin, illuminant la nuit
Sous l'injure prussienne, animant son visage
Kleber tire aussitôt son sabre qui reluit
La patrouille à pas lents, tranquillement s'avance
Mais le tonnerre éclate à ce même moment
Semblant vouloir venger le drapeau de la France
Il foudroie en tombant le soldat allemand.

Refrain
Depuis cette nuit, raconte la légende
Quand minuit sonne au loin et que jaillit l'éclair
On dit qu'on voit pâlir la patrouille allemande
Quand elle passe au pied du général Kleber.
































Cette chanson existe sur les CD suivants :

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