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Les rubans de l'alsacienne

Henri Colomb - Albert Petit

Vers 1880



A dix-huit ans, je sortais d'une église
De mon hymen, c'était le premier jour
Un beau soleil, une brise suave
Jetaient partout la lumière et l'amour
Toute au bonheur, la paupière mouillée
Près d'un époux, au coeur loyal et franc
J'avais alors, nouvelle mariée
Dans mes cheveux le chaste ruban blanc.

Lune de miel, printemps de mariage
Chers souvenirs des beaux jours disparus
En feu follet dans notre cher ménage
Tu resplendis ! Maintenant, tu n'es plus
Il m'en souvient de ce temps éphémère
Ou chaque soir, en dansant, l'oeil en feu
Dans les salons, quand j'étais jeune mère
Sur mes cheveux flottait le ruban bleu

Lorsque du nord, un gros nuage sombre
Sur le pays sembla s'appesantir
L'envahisseur sortant de sa pénombre
Osa rêver de nous anéantir
Bravant la voix des canons en furie
J'armais mon fils pour venger notre affront
Quand l'étranger mutilait notre patrie
Le ruban rouge a flotté sur mon front

J'ai tout perdu, fils, époux ! Pauvre veuve
Je n'ai plus rien à la place du coeur
Sur mes vieux jours, au malheur Dieu m'abreuve
Je dois ramper sous les pieds des vainqueurs
Alsace, hélas, quand viendra la vengeance ?
A mon pays, seigneur, rendez l'espoir
La mort des miens, les malheurs de la France
Ont sur mon front posé un ruban noir.
































Cette chanson existe sur les CD suivants :

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