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La chanson de l'Alsace

Théodore Botrel

1913



Quand nous franchîmes la frontière
Pour reconquérir le pays
Où depuis la guerre dernière
Tant d'exilés sont endormis
Sur un ton nostalgique et tendre
Dans le vent, les sapins chantaient
Nous fumes surpris de comprendre
Ce qu'entre eux ils se chuchotaient
Des Vosges fidèles
Sombres sentinelles
Comme aux anciens jours
Les sapins d'Alsace
Parlent à voix basse
En français toujours
Toujours !

Le lendemain c'était dimanche
D'un talon sonore et joyeux
Nous martelions la route blanche
Qui descend jusqu'à Montreux-Vieux
Les cloches de chaque village
Carillonnaient à l'unisson
Et nous comprenions le langage
Et leur prière, et leur chanson
Des vertus chrétiennes
Ferventes gardiennes
Comme aux anciens jours
Les cloches d'Alsace
Sonnent dans l'espace
En français toujours
Toujours

Dieu fêté, la journée entière
On nous fêta dans le hameau
Et dédaignant la lourde bière
On nous versa du vin nouveau
Et le vin montant à la tête
Ainsi que "l'eau du cur" aux yeux
Chacun poussa sa chansonnette
Dans le doux parler des aïeux
Oui, quand il faut boire
O France, à ta gloire
Comme aux jours anciens
Le vin blanc d'Alsace
Fait chanter les races
En français toujours
Toujours

En rouvrant l'école publique
Aux petits alsaciens ravis
On dicta cette phrase unique
"La douce France est mon pays"
Et tous les écoliers de dire
A leur nouvel instituteur
"Sans faute nous saurons l'écrire
Cette phrase on la sait par cur !"
Ah ! Vive l'aurore
Qui nous rit encore
Comme aux anciens jours
Fidèle et tenace
Le peuple d'Alsace
Est Français toujours
Toujours!
































Cette chanson existe sur les CD suivants :

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