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Hymne du 9 thermidor an III

Anonyme

Jullet 1794

Le 9 thermidor an III, c'est le jour de l'arrestation de Robespierre, et la fin de la terreur.

Salut ! thermidor, jour de la délivrance,
Tu viens purifier un sang ensanglanté !
Pour le seconde fois, tu fais luire à la France
Les rayons de la liberté ;

Chantres républicains, célébrez la victoire ;
Vierges du peuple franc, couronnez-vous de fleurs ;
Pères, enfants, époux, bénissez la mémoire
Du beau jour qui sécha vos pleurs.

Le sommet de l'Olympe a vu réduire en poudre
Les superbes géants par la terre enfantés ;
Au sénat de la France, ainsi tombait la foudre
Sur les tyrans épouvantés.

En vain, pour conserver un sanguinaire empire,
A tes yeux, ô soleil ! ils cachaient leur fureur ;
Ivre du sang humain, leur troupe en vain conspire
Avec la nuit et la terreur.

Ne crains plus d'éclairer le triomphe des crimes ;
Remplace de ta soeur l'astre silencieux ;
Les oppresseurs vaincus vont suivre leurs victimes ;
Tu peux remonter dans les cieux.
 

Le peuple et le sénat ont repris leur puissance ;
Leur voix des noirs cachots rompt les portes d'airain ;
Échafauds, où le crime égorgeait l'innocence,
Tombez à ce cri souverain !

Renverse, ô liberté ! cet autel homicide
Où l'horrible anarchie, un poignard à la main,
Comme autrefois Diane aux monts de la Tauride,
S'apaisait par du sang humain.

Vous, que chante en pleurant l'amitié solitaire,
Femmes, guerriers, vieillards, beauté, talents, vertus,
Vous ne reviendrez plus consoler sur la terre
Vos parents, qui vous ont perdus.

Ah ! de vos noms sacrés la mémoire chérie
Peut du moins quelquefois soulager nos douleurs ;
Du moins sur vos tombeaux la plaintive patrie
A nos pleurs mêlera ses pleurs.

Vous accusez, du fond de vos augustes tombes,
Les coupables vengeurs qui vous ont outragés ;
C'est par de sages lois, non par des hécatombes,
Que vos amis seront vengés.

Oui, pour la République un nouveau jour commence :
Nous verrons, à la voix de vos mânes proscrits,
L'humanité dressant l'autel de la clémence
Sur vos respectables débris.

Première déité, des lois source immortelle,
Toi, qu'on adorait même avant la liberté,
Toi, mère des vertus, véritable Cybèle,
Touchante et saint Humanité !

Unis des intérêts qui paraissaient contraires ;
Un coeur qui sait haïr est toujours criminel :
Au festin de l'oubli viens rassembles des frères,
Pressés sur ton sein maternel.
































Cette chanson existe sur les CD suivants :

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