Recherche dans un titre ou par mot-cle :

Hymne à l'être suprême

Desorgues - Gossec

1794

"Le peuple français reconnaît l'être suprême et l'immortalité de l'âme" Ce genre de chose pouvait se décréter sous la révolution, et c'est ce qui arriva le 26 Floréal an II par un arrêté de la commune. C'est Robespierre qui est à l'origine de ce décret dans son discours à la convention le 18 Floréal an II. La raison seule ne pouvait plus guider le peuple français, il lui fallait une croyance.
Il fut donc arrêté que le 20 Prairial an II, une fête serait célébrée en l'honneur de l'être suprême. Un hymne fut commandé pour l'occasion, et la fête célébrée pour la première et dernière fois sous la présidence de Robespierre, promu "Pontife de l'être suprême" pour l'occasion. Par une étrange ironie, Robespierre et ses collègues n'hésitait pas à envoyer chaque jour plusieurs dizaines de personnes à la guillotine vérifier cette immortalité de l'âme qu'il étaient en train de décréter ! Cinquante jours plus tard, c'était Thermidor.

Père de l'Univers, suprême intelligence
Bienfaiteur ignoré des aveugles mortels
Tu révélas ton être à la reconnaissance
Qui seule éleva les autels.

Ton temple est sur les monts, dans les airs, sur les ondes
Tu n'a point de passé, tu n'as point d'avenir
Et sans les occuper, tu remplis tous les mondes
Qui ne peuvent te contenir

Tout émane de toi, grande et première cause
Tout s'épure aux rayons de ta divinité
Sur ton culte immortel, la morale repose
Et sur les moeurs, la liberté.

Pour venger leur outrage et la gloire offensée
L'auguste liberté, ce fléau des pervers
Sortit au même instant de la vaste pensée
Avec le plan de l'univers.

Dieu puissant ! elle seule a vengé ton injure
De ton culte elle-même instruisant les mortels
Leva le voile épais qui couvrait la nature
Et vint absoudre tes autels.

O toi ! qui du néant ainsi qu'un étincelle
Fis jaillir dans les airs
L'astre éclatant du jour
Fais plus... verse en nos coeurs ta sagesse
Embrasse nous de ton amour.

De la haine des Rois, anime la Patrie
Chasse les vains désirs, l'injuste orgueil des rangs
Le luxe corrupteur la basse flatterie
Plus fatale que les tyrans.

Dissipe nos erreurs, rends nous bons, rends nous justes
Règne, règne au delà de toute illimité
Enchante la nature à tes décrets augustes
Laisse à l'homme sa liberté.
































Cette chanson existe sur les CD suivants :

..
.